Retraite pour Mme la directrice

Au début de l’été dernier, la directrice de l’école Victor Hugo a animé son dernier cours, retour sur 36 ans de règne à l’école publique chanteloupaise.

 

« Madame » 

La petite Annie Guibert nait à Bressuire le 1er avril 1959. Ses parents sont agriculteurs à la Faye : «On était pas riches… mais pas malheureux !» Elle garde le souvenir d’un père très cultivé qui lisait son journal et enchaînait les livres «mais toujours le soir, après le boulot terminé». A 6 ans, Annie entre à l’école publique : une seule classe, une seule maitresse, Mme Clément, jusqu’au certificat d’étude et un seul but : aller au collège Supervielle. A la fin de sa 3ème, en 1973, poussée par les profs, la frêle écolière passe le concours de l’Ecole Normale à Niort… elle est reçue 1ère du département. Elle enchaîne le lycée ponctué par un bac B, mention très bien quand même, mais seulement 18 en maths «une étourderie» (rires). La passionnée de littérature va ensuite passer 2 ans à Niort à l’Ecole Normale et voit son examen validé pour être institutrice «je voulais pas être prof !». En 1979 elle rentre en bocage avec son 1er poste à Cerizay, puis elle choisit de faire les remplacements : «je voulais avoir une vue d’ensemble d’un maximum d’écoles. Je me rend compte alors que je préfère l’école de campagne  plutôt que la ville».

Avril 1981, la «liste» sort… celle des postes à pourvoir ! «Je vois que l’école – la publique – ré-ouvre à Chanteloup». Annie épouse Daniel Marolleau dans l’été… puis l’école de la république en septembre «j’étais la seule à l’avoir demandée – personne n’en voulait» (rires 2). Une classe unique, comme quand elle était enfant, pas d’assistante et 9 élèves «une classe familiale». A partir de là, les effectifs vont augmenter régulièrement tous les ans : une 2ème classe est créée en 1990 ; la place manque. La commune agrandit (entre l’actuel préau et la classe historique) et Annie devient officiellement directrice. La 3ème classe ouvrira en 2002. L’école prend alors le nom «Victor-Hugo» (Bicentenaire de la naissance de l’écrivain) sur une idée des élèves. Quand on l’interroge sur sa carrière, Annie avoue quelques mauvais souvenirs «mais ils passent vite»… les parents aussi se souviendront d’Annie Marolleau (extrait du discours d’un papa dont les enfants sont scolarisés actuellement à VH) : «si je devais garder une image, une seule de vous, madame la directrice, c’est celle des enfants, les miens, les nôtres,… les vôtres, jouant bruyamment comme ils le maitrisent si bien dans la cour avec vous au milieu, en noir encore, les mains jointes sur le ventre. Vos  coudes se sont écartés, vos épaules se sont alignées et dans une scène que je revis presqu’au ralenti, vous avez frappé 2 fois avec le plat de vos mains : PAF-PAF. La cour s’est tue et s’est rassemblée sur 2 colonnes – véridique. Vous n’avez pas dit un mot, vous n’en aviez pas besoin» 

 

Florent Cassin

Le successeur d’Annie Marolleau à la direction de l’école a, lui, voulu être professeur des écoles dès le collège, Supervielle aussi – Florent est Bressuirais d’origine. Sa mère est secrétaire, son père commerçant. C’est en 2ème génération que l’éducation nationale devient une affaire de famille : son frère cadet et sa femme, Audrey, enseignent aussi ! Un temps tenté par l’encadrement dans le handicap, il passe une licence de sport à Poitiers après l’obtention de son Bac S (2003). Le sport, le jeune Cassin est tombé dedans petit - 1ère licence de basket signée à 6 ans : «Ma mère et ma grand-mère du côté de mon père ont beaucoup participé au Réveil (club de Bressuire). Ma place, moi, c’est arrière/shooter et – je crois – que je suis le licencié actuel qui cumule le plus d’années de licence au club (25 ans d’affilé). J’ai aussi pratiquéle judo pendant 15 ans et je constate, un truc qu’on m’avait dit, que le sport c’est une belle école de vie pour la gestion de groupes.» Parallèlement à son concours à l’IUFM, Florent est pion pendant 3 ans au collège bressuirais. Il passe ensuite son master 1 (devenu indispensable pour être enseignant) et son master 2 en mars 2011. C’est aussi l’année de sa 1ère rentrée à Coulon. Puis, comme Annie, devenu titulaire, il va assurer des remplacements… jusqu’à celui de sa femme (enceinte de leur 2ème enfant)  à la Chapelle Saint Laurent ! Il arrive en poste au Breuil Bernard. C’est là que son inspectrice l’appuiera pour qu’il se forme à la direction.

 

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